Pour affiner mes choix de coloriste
Lorsque j'aborde un nouveau sujet reposant sur une de mes photos, je m'empresse de la désaturer, pour avoir d'une part, un aperçu de la répartition des valeurs me permettant de valider ou non l'architecture de la photo, et d'autre part une entière liberté d'action vis à vis des couleurs.
Ensuite, avec mes pinceaux je pose mes couleurs en tenant compte des valeurs du modèle.
Quand toute ma toile est couverte de pigments, parfois j'utilise mon logiciel photo pour évaluer mon travail.
Il me permet, par zones colorées, de connaître avec précision les 3 paramètres d'un ton : la couleur, la valeur et la saturation.

Dans mon logiciel, la couleur est appelée teinte et la valeur est baptisée luminance ou luminosité.

Il est aisé, avec la "pipette" pointée sur un ton affiché sur l'écran de connaître les 3 paramètres d'un ton dont le plus délicat à appréhender, celui de la valeur.
Dans l'exemple, la valeur est affichée à 204 sur une échelle des valeurs très fine de 0 (le noir) à 240 (le blanc).
Ce qui correspond à 8,5 sur 10 (soit 204 divisé par 24) sur la petite échelle des 10 niveaux de valeurs de l'emblématique cercle chromatique.
Avec ce logiciel, on a donc la possibilité d'identifier et de modifier avec une grande précision (et non à peu près) les valeurs (sur 240), les couleurs (sur 240) et les saturations (sur 240) des tons.
Dans l'exemple, ce bleu a la couleur 137 (sa correspondance RVB dans l'univers de l'optique est à droite), une valeur de 204 (tendance claire) et une saturation de 104 (tendance grisée).
Ce type d'outil permet ainsi d'explorer et d'affiner des scénarios d'harmonies colorées pour arriver à produire des oeuvres abouties.
Pour concevoir mes variations digitales
Mes variations digitales reposent sur des photos de mes toiles de lin.
Mon logiciel photo (comme plein d'autres) peut reconnaître, avec les 3 échelles très fines qui caractérisent un ton, en théorie jusqu'à 14 millions de tons différents (241x241x241) d'une photo.
Sans en être conscient faute de pouvoir les distinguer sur la toile de lin, les tons qui sont le fruit de mélanges de couleurs, de valeurs et de saturations enrichis parfois par une superposition de glacis, de lavis... créent une quantité très... très importante de tons que l'on ne perçoit pas à l'oeil nu.
Sur ordinateur, il est alors possible pour avoir des aplats d'attribuer la même couleur, la même valeur et la même saturation à des tons plus ou moins différents avec pour effet de les fondre entre eux.
De même, pour obtenir des textures, il est envisageable de créer des contours visibles de séparation des tons d'après leur différence, aussi légère soit-elle au niveau couleur et/ou valeur et/ou saturation.
Et si les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur de mes attentes (trop ou pas assez d'aplats ou de textures), il faut parfois revoir l'articulation/répartition des tons de la toile initiale de lin pour que j'obtienne enfin ce que je veux.



