Le Pratique des Arts N° 145 présente, en 10 pages, un dossier intitulé "Construire sa peinture de A à Z".
«Quand un scientifique décide de transmettre son savoir artistique, cela donne une méthode carrée, à la fois théorique et pratique, qui met à plat chaque étape de la réalisation d'une peinture» écrit Stéphanie Portal, journaliste d'Art.
En peinture, quand on fait un mélange de pigments, on élabore un ton qui est la combinaison de 3 caractéristiques : sa couleur, sa valeur (soit son niveau de clarté) et son degré de saturation (pigment pur ou grisé).
Dans ma démarche, je privilégie la valeur à la couleur. Pourquoi ?
Savez-vous comment fonctionnent nos yeux ? Ils disposent de deux organes exceptionnels : les cônes et les bâtonnets. Nos 3 types de cônes (R rouge, V vert et B bleu) vous permettent de voir toutes les couleurs de jour (ils ont besoin de luminosité pour fonctionner) et les bâtonnets assurent la vision dans l’obscurité.
Concrètement, la vision des bâtonnets n’est qu’en noir, blanc et nuances de gris.
En désaturant un modèle en couleur, on le transforme en niveaux de gris. On se trouve ainsi dans une position favorable pour observer toutes ses valeurs (leur degré de clarté, leur forme, leur surface, les valeurs limitrophes)... et surtout l'intensité des lumières et des ombres sur tous les objets de la scène.

Une luminosité intense de la scène produira des ombres très sombres, et à l'inverse une absence de luminosité donnera des ombres insignifiantes, voire pas d'ombre.
Un objet (exemple une voile de bateau) conserve sa couleur de jour et de nuit. C'est bien sa valeur qui évolue en permanence en fonction de la lumière et non sa couleur.
Par ailleurs, dans la logique des contrastes simultanés, les couleurs interagissent les unes sur les autres. Une couleur sur un fond noir paraîtra visuellement plus claire que sur un fond clair.
Devant un modèle en niveaux de gris, vous disposez d'un champ de liberté total pour poser vos couleurs comme vous l'entendez à la condition de respecter les niveaux de clarté de chaque zone de valeur différente du modèle.
A une zone de valeur claire, une couleur claire. A une zone de valeur sombre, une couleur sombre.
Pour notre plus grand bonheur, les scientifiques ont défini une échelle des gris (correspondant à nos possibilités visuelles) de 1 pour le noir à 10 pour le blanc.
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Ce qui permet de comprendre, par exemple, ce qu'est un rouge de niveau 2 (donc un rouge sombre) et un bleu de niveau 7 (donc un bleu assez clair).
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Quand je suis avec mes stagiaires, nous adoptons ce langage commun pour communiquer aisément.
C'est une démarche d'analyse passionnante qui associe liberté dans la couleur et rigueur dans la construction.
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La première de couverture du Pratique des Arts N° 145 porte sur un thème que j'affectionne particulièrement : les pêcheurs.







